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Les locataires genevois ne pourront pas acheter leur logement plus facilement. Attaquée par un référendum, la modification de la LDTR voulue par la droite et les milieux immobiliers a été rejetée dimanche par 63,52% des voix. Le taux de participation s'est élevé à 44,24%.
Dans un contexte de forte pénurie de logements, les arguments de la gauche et de l'ASLOCA ont convaincu les votants. Pour les référendaires, cette atteinte à la loi sur les démolitions, travaux et rénovations des maisons d'habitation (LDTR), unique en Suisse et destinée à protéger les locataires, allait permettre le retour de la pratique spéculative des "congés-ventes" qui a eu cours dans les années 1980.
La droite et les milieux immobiliers voulaient permettre à un locataire d'acheter son logement, ce qui est quasiment impossible à Genève. Cinq conditions étaient prévues, dont l'absence de contrainte, le fait d'habiter depuis au moins trois ans dans le logement et d'y rester au moins cinq ans. Le prix de vente était plafonné au prix moyen des PPE en zone de développement afin de favoriser la classe moyenne.
"Occasion manquée"
Les référendaires ont insisté sur le fait que le droit fédéral, contrairement à la LDTR, n'empêche pas un propriétaire de résilier le bail pour vendre son appartement. Ils ont aussi avancé le risque de spéculation immobilière: les propriétaires allaient pouvoir vendre des appartements à la découpe, ce qui est interdit à Genève, et les acheteurs revendraient leur appartement au prix du marché après le délai de cinq ans.
Dimanche, la Chambre genevoise immobilière a déploré "une occasion manquée de répondre à l'aspiration de nombreuses familles de la classe moyenne à devenir propriétaires sans devoir quitter leur logement, leur quartier ou le canton." La population avait déjà rejeté un texte similaire en 2016.
awp
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