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Zurich, 14 avril 2026 – Le marché immobilier suisse confirme une fois de plus son rôle de pilier stabilisateur dans un contexte mondial de plus en plus incertain. Alors que les tensions géopolitiques, les troubles liés à la guerre et la montée des conflits commerciaux pèsent lourdement sur l'économie mondiale, le marché de l'immobilier résidentiel en Suisse, en particulier, fait preuve d'une résilience remarquable.
Selon l’indice «IAZI Private Real Estate Price Index», la disposition à payer pour l'acquisition d'un logement a augmenté de 0,4% au premier trimestre 2026 par rapport au trimestre précédent. Cette évolution souligne la demande toujours forte en logements en propriété, qui s'avèrent être une valeur refuge fiable, notamment en période de difficultés économiques. Sur le marché immobilier résidentiel, les prix de transaction des villas et des appartements en PPE ont augmenté de 0,4% chacun. Au cours des douze derniers mois, les villas (+3,5%) et les appartements en PPE (+3,7%) ont enregistré une hausse de valeur stable. Dans l'ensemble, le marché immobilier résidentiel affiche une tendance à la hausse robuste dans tous les segments et toutes les régions.
La tendance positive se poursuit également sur le marché de l'immobilier de rendement. L'indice «IAZI Investment Real Estate Price Index» montre que les immeubles résidentiels ainsi que les immeubles à usage mixte (résidentiel et commercial) se sont négociés à des prix en hausse de 0,5% au premier trimestre 2026. Sur une base annuelle, cela correspond à une plus-value de 3,7%. Cette évolution reflète notamment l'attrait croissant de l'immobilier en tant que placement par rapport à des alternatives d'investissement présentant un profil de risque similaire, telles que les obligations d'État de premier ordre.
Dans un contexte marqué par une incertitude accrue et la volatilité des marchés financiers, les investisseurs recherchent de plus en plus des rendements stables et prévisibles. La prudence qui prévalait encore sur le marché de l'investissement immobilier en 2025 semble ainsi avoir cédé la place à une phase de croissance qualitative. Les investissements sont plus sélectifs, l'accent étant mis sur la qualité de l'emplacement, la rentabilité durable et la préservation de la valeur à long terme. Malgré ces signaux positifs du marché, les conditions générales restent difficiles. Les exigences élevées en matière de fonds propres ainsi que les directives de financement toujours conservatrices des banques constituent un obstacle important à l'entrée sur le marché pour de nombreux investisseurs. Cela freine la dynamique du marché, mais contribue en même temps à la stabilité du système.
À court terme, le marché immobilier suisse semble donc très solide, mais quelle évolution faut-il attendre à plus long terme? Compte tenu des conséquences incertaines de la guerre en Iran, il est difficile de faire des prévisions. Les perspectives économiques pour la Suisse se sont nettement assombries ces derniers temps. L'industrie d'exportation est sous pression, notamment en raison de la faiblesse de la conjoncture industrielle en Allemagne et dans l'UE. De plus, les droits de douane américains pèsent sur des secteurs clés tels que l'industrie pharmaceutique et horlogère. À moyen terme, cette évolution pourrait également se répercuter sur le marché immobilier sous la forme d'une baisse de la demande – même si celle-ci se manifestera de manière différée et atténuée.
À côté de l'économie et du marché du travail, le niveau des taux d'intérêt reste un facteur déterminant pour l'évolution future du marché immobilier. La dernière décision de la Banque nationale suisse (BNS) du 19 mars laisse entrevoir une stabilité pour l'instant: certes, la hausse des prix du pétrole est associée à des risques d'inflation. Cet effet pourrait toutefois être partiellement compensé par l'appréciation du franc suisse, car celle-ci rend les biens importés moins chers. Un ajustement de la politique de taux zéro n'est donc pas prévisible à court terme. Il est actuellement difficile de prédire l'évolution des taux d'intérêt à moyen terme. Un retour aux taux d'intérêt négatifs pour soutenir une économie en perte de vitesse ainsi que des hausses de taux pour lutter contre une inflation en hausse sont des scénarios envisageables.
Dans l'ensemble, on constate que l'immobilier reste très prisé, surtout en période de crise. La combinaison d'une demande stable pour l'instant, d'une offre limitée et de taux d'intérêt bas maintient la propension à dépenser pour l'immobilier à un niveau élevé, tant pour les logements en propriété que pour les immeubles de rapport.
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