
Partager cet article sur:
Depuis plus de quinze ans Signa-Terre développe son outil d'analyse, ImmoLabel, qui a permis de mieux comprendre la consommation énergétique des bâtiments. Aujourd'hui, avec l'évolution de la réglementation, cet instrument permet aussi de mieux les piloter, dans un contexte où les données énergétiques ne sont plus simplement un outil de suivi mais deviennent essentielles à la gouvernance du patrimoine immobilier.
ImmoLabel est un outil d'analyse qui permet aux propriétaires de connaître précisément les performances énergétiques de leurs bâtiments et de mieux les piloter. Un outil devenu d'autant plus important aujourd'hui avec les nouvelles réglementations de durabilité explique Olivier Ouzilou, co-fondateur de Signa-Terre, qui a développé l'ImmoLabel.
Olivier Ouzilou, comment est mis en place votre ImmoLabel?
Chez Signa-Terre, nous ne nous contentons pas d'analyser des factures. Nous visitons systématiquement les bâtiments pour comprendre leur fonctionnement réel. Nous relevons les installations techniques, réalisons les schémas de comptage et de sous-comptage, vérifions les clés de répartition des énergies et nous nous assurons que les données reflètent bien la réalité du terrain. Nous analysons également les consommations de chauffage, d'eau chaude, d'électricité et d'eau.
Cette ImmoLabel, c'est simplement un constat de la durabilité d'un bâtiment?
C'est aussi un outil de pilotage. Nous suivons l'évolution de toutes les consommations d'énergie dans le temps, détectons les dérives de consommation et générons des alertes lorsqu'une anomalie apparaît afin que les propriétaires et les régies puissent intervenir rapidement. Nous identifions également les actions d'optimisation de l'exploitation ainsi que les mesures présentant les meilleurs temps de retour sur investissement. Enfin, nous transformons toutes ces informations en indicateurs simples qui permettent de prendre de meilleures décisions.
D'accord, mais concrètement en quoi est-ce utile pour piloter un portefeuille immobilier?
Aujourd'hui, les propriétaires ne doivent pas seulement réaliser des travaux. Ils doivent savoir quels bâtiments sont les plus exposés, lesquels nécessitent des rénovations prioritaires, lesquels peuvent d'abord être optimisés et comment démontrer les résultats obtenus. ImmoLabel apporte cette vision grâce aux données réelles de consommation, aux benchmarks, au suivi des trajectoires énergétiques et aux indicateurs de performance. Ensuite, ImmoLabel permet d'identifier les actions d'optimisation de l'exploitation qui peuvent produire rapidement des résultats, puis de hiérarchiser les rénovations plus importantes en fonction des performances réelles des bâtiments. Les décisions d'investissement sont ainsi prises sur la base de données fiables plutôt que d'intuitions. Cette capacité à prioriser est aujourd'hui essentielle.
Vous dites que les données deviennent un véritable outil d'aide à la décision. Mais quelle est leur fiabilité?
Toute notre démarche est certifiée selon la norme internationale ISAE 3000. Cela signifie que notre processus est audité du compteur jusqu'à l'indicateur. Dans un contexte où les décisions d'investissement se fondent de plus en plus sur les données, cette fiabilité est primordiale.
Combien de temps prend l'établissement d'un ImmoLabel?
La mise en place commence par une visite technique du bâtiment. Cette étape est essentielle, car elle nous permet de comprendre son fonctionnement et de garantir la qualité des données. Nous intégrons ensuite les consommations et les informations disponibles afin de produire les premiers indicateurs. Selon la taille du patrimoine, cela prend généralement quelques semaines.
Quel est le coût de l'ImmoLabel?
Concernant le coût, il n'existe pas de tarif unique. Chaque patrimoine est différent. Le budget dépend de la taille du portefeuille, de la complexité des bâtiments, du niveau d'automatisation souhaité et des prestations d'accompagnement choisies. Mais la véritable question n'est pas le coût de l'outil, c'est la valeur qu'il apporte.
Quelle est cette valeur?
ImmoLabel permet à tous les acteurs de travailler avec les mêmes informations. Les régies disposent d'indicateurs objectifs pour accompagner leurs propriétaires avec un discours étayé par des données fiables. Les propriétaires, les asset managers, les fonds immobiliers, les assurances ou les caisses de pension disposent, quant à eux, des bons indicateurs pour prioriser leurs investissements et prendre les bonnes décisions.
Certes, mais pendant des décennies les gestionnaires de portefeuille n’ont pas eu besoin d'un outil comme l'ImmoLabel pour prendre des décisions.
Le contexte a profondément changé. La nouvelle loi vaudoise sur l'énergie ne crée pas seulement de nouvelles obligations de rénovation. Elle renforce surtout la nécessité de connaître les bâtiments, de mesurer leurs performances réelles, de comparer les immeubles entre eux et de piloter les investissements à partir de données fiables. C'est précisément ce qu'ImmoLabel permet de faire depuis plus de quinze ans. Finalement, ce n'est pas ImmoLabel qui a changé, c'est la réglementation qui lui donne aujourd'hui une nouvelle légitimité et une nouvelle valeur.
Pour l'instant ce type d'exigence ne concerne que le canton de Vaud. Pensez-vous que ces régulations vont s'étendre?
Oui, très clairement. Chaque canton avance à son rythme, mais tous poursuivent les mêmes objectifs de réduction des consommations d'énergie et des émissions de CO₂. Le canton de Vaud fait aujourd'hui figure de précurseur, mais cette évolution est déjà engagée dans de nombreux autres cantons. Nous pensons que la capacité à mesurer, comparer et piloter les performances énergétiques deviendra progressivement un standard de gestion du patrimoine immobilier.
Cet ImmoLabel, c'est un succès?
Oui. Aujourd'hui, nous suivons plus de 15'000 immeubles en Suisse, dont plus de 3'500 dans le canton de Vaud. Cela représente déjà environ 2'100 bâtiments vaudois de plus de 750 m², directement concernés par plusieurs dispositions importantes de la nouvelle loi.
La Rédaction • Immoday.ch
Suivez-nous sur LinkedIn.
Partager cet article sur:
En lien avec cet article
Partager cet article sur: