
Pour Suisse Romande Property Fund, les objectifs fixés pour 2025 ont été atteints avec le recentrage du portefeuille, dorénavant à prépondérance résidentielle, grâce notamment à une importante acquisition en décembre nous permettant également de dépasser la barre des 500 millions d’actifs sous gestion. Avec comme conséquence un agio positif, qui tourne désormais autour de 15%. Pour 2026, notre ambition pour le fonds est de poursuivre sa croissance tout en continuant de renforcer encore cette part résidentielle.
Parmi les performances les plus remarquables de l'année 2025, il y a sans conteste eu le redressement de Suisse Romande Property Fund (SRPF), qui a retrouvé la confiance des investisseurs. Pour preuve, au 15 janvier 2026 : un agio de +15% (-4,3% au 1er janvier 2025).
Un redressement qui récompense les efforts fournis par Virginie Bordry, CEO de JSS Real Estate Management (JSSREM) et son équipe. Efforts couronnés, en fin 2025, par l'annonce d'une grosse acquisition, via un apport en nature : un complexe immobilier résidentiel de 118 millions de francs au cœur de Genève. Après cette année 2025, que nous réserve 2026 pour JSSREM et SRPF?
Virginie Bordry, selon vous, l'euphorie qui a caractérisé le marché de l'immobilier titrisé en 2025 va-t-elle se poursuivre en 2026?
Je n'ai pas de boule de cristal, mais une chose est certaine : il y aura toujours des capitaux intéressés par l’immobilier suisse. Le principal défi pour les gérants de fonds résidera dans leur capacité à déployer ces capitaux, autrement dit à identifier des opportunités d’investissement offrant des rendements satisfaisants, dans un contexte de prix élevés.
À ce sujet, les prix actuels ne risquent-ils pas de créer des turbulences pour l'immobilier titrisé?
Cette situation peut effectivement rendre la tâche des gérants de fonds immobiliers plus délicate. Je ne serai pas non plus étonnée qu'il y ait un peu moins d'augmentation de capital en 2026 qu'en 2025, qui a été une année record. Nous avons déjà connu de telles périodes où les prix de l'immobilier étaient très élevés et les rendements très bas et nous savons gérer ces situations.
Comment?
Il faut savoir rester flexible. Si l'on ne trouve pas le rendement attendu, on peut investir dans l'optimisation de son portefeuille existant notamment dans la rénovation énergétique où il reste encore beaucoup à faire au niveau du parc immobilier suisse. Gérer un portefeuille immobilier, ce n'est en effet pas seulement acheter et vendre.
Donc vous êtes optimiste pour 2026?
Oui, 2026 s’annonce à nouveau comme une année favorable pour l’industrie immobilière. S’agissant plus spécifiquement de JSSREM et du fonds SRPF, nous abordons désormais une phase résolument tournée vers la croissance et le développement.
Qu'est-ce qui pourrait faire dérailler ce scénario optimiste?
Un risque pourrait être une remontée des taux, par exemple en lien avec les tensions géopolitiques. Dans une telle hypothèse, nous devrons faire preuve de flexibilité et nous adapter. Quoi qu’il en soit, l’immobilier demeurera une classe d’actifs incontournable. Pour l’investisseur, il constitue une valeur refuge.
Votre fonds s'est remarquablement redressé en 2025. Des ambitions pour 2026?
Nous sommes en effet très contents d'avoir augmenté significativement notre part d’actifs résidentiels qui atteint aujourd’hui 55% et dépassé la barre symbolique des 500 millions. Ces deux axes faisaient pleinement partie de nos objectifs.
De quelle manière ? Avec des augmentations de capital?
Nous y réfléchissons effectivement. Actuellement notre taux d'endettement bas nous offre une marge de manœuvre confortable avant de devoir envisager une augmentation de capital.
Maintenant que le fonds a retrouvé un agio positif et que la restructuration du portefeuille est terminée, vous allez un peu vous ennuyer, non?
Pas vraiment ! Nous allons encore chercher des leviers d’optimisation au sein du portefeuille existant, poursuivre notre démarche et nos engagements ESG responsables, lancer nos projets de développement ou encore procéder à de nouvelles acquisitions en fonction des opportunités avec, comme prochain objectif, d’atteindre au minimum 70% d’actifs résidentiels.
En immobilier, l’activité ne s’arrête jamais: un immeuble est un actif vivant. Il y a en permanence de nouveaux défis à relever, des portefeuilles à travailler, des immeubles à rénover et des projets à initier. Et dès qu’un projet arrive à son terme, un autre démarre. En résumé, il n’y a jamais de place pour l’ennui et c’est ce qui fait la richesse du métier.
Immoday.ch
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