Comme chaque année, le mois de janvier est particulièrement intensif pour les investissements immobiliers. Le salon IMMO26, qui s’est tenu à la mi-janvier, a une nouvelle fois fourni des éléments d’orientation importants pour les mois à venir. Dans ce contexte, les décisions politiques restent un thème central, souvent marqué par des contradictions. Ainsi, plus de 60 % des citadins se plaignent d’une pénurie de logements, tandis que, dans le même temps, 50 % à 70 % d’entre eux s’opposent à une densification accrue ou à la construction de tours.
Par ailleurs, les autorités réclament une meilleure protection des locataires, alors que ces derniers disposent déjà de la possibilité de demander une réduction de loyer à la suite de la baisse du taux hypothécaire de référence — un droit que plus de 50 % des locataires n’exercent pas. Des divergences démographiques entre les cantons commencent à apparaître. Selon MoneyPark, dans plusieurs cantons comme le Tessin, Berne, le Jura et les Grisons, le vieillissement de la population et le ralentissement de la demande pourraient poser des défis à moyen terme. Sur le plan macroéconomique, la détérioration du contexte politique mondial soutient le franc suisse et maintient une forte demande immobilière de la part des investisseurs étrangers.
Les avis divergent toutefois sur le potentiel restant du marché, compte tenu des valorisations boursières actuelles : Morgan Stanley juge Swiss Prime Site surévaluée, tandis qu’UBS adopte une lecture opposée. La réponse du marché se traduit par la création de nouveaux produits et des augmentations de capital, dans un environnement où ces liquidités doivent être réinvesties à des niveaux de prix élevés. L’arrivée du Mobifonds, ainsi que le lancement prévu au printemps d’un nouveau fonds immobilier de Swiss Life sur la bourse SIX, devraient influencer sensiblement l’évolution du marché boursier.