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Par 63%, le peuple genevois a rejeté une loi défendue par les milieux immobiliers qui aurait rendu plus facile l'accession à la propriété aux locataires. La loi était combattue par l'Asloca, et son net rejet en dit beaucoup sur la perte d'influence des milieux immobiliers face au peuple. En effet, une loi quasi identique avait déjà été rejetée en 2016, mais seulement à 51%.
Fondamentalement, cette votation ne va pas changer le monde de l'immobilier suisse, mais c'est un signe supplémentaire: la défense des locataires a le vent en poupe. Ce qui n'est pas forcément de bon augure pour les milieux immobiliers quand on sait que plusieurs votations, en particulier sur le plafonnement des loyers, sont en préparation.
Mais revenons sur la votation genevoise. Ce dernier week-end de septembre, le peuple de la République a donc rejeté à 63%, un taux beaucoup plus élevé que prévu, une loi pour faciliter la vente d'appartements sur le marché locatif. Pour le marché immobilier, cette loi, qui avait pourtant été adoptée par le Grand Conseil genevois, aurait permis de faciliter l'accès de la classe moyenne à la propriété. Pour les défenseurs des locataires, c'était un retour déguisé des congés-vente, autrement dit de la spéculation.
Des locataires de plus en plus opposés aux milieux immobiliers
La loi proposait qu'un locataire occupant son logement depuis au moins trois ans, avec l'accord du propriétaire, aurait pu l'acheter à un prix plafonné, à condition d'y rester ensuite au moins cinq ans. L'Asloca redoutait une sélection des locataires par les bailleurs, ces derniers préférant des ménages assez aisés pour acheter, à terme, leur logement. Autre conséquence possible, dénoncée par L'Asloca: contraindre de manière indirecte les locataires qui occupent un appartement depuis très longtemps et qui paient donc des loyers bas à acheter leur logement.
Ce qui est intéressant, comme le remarquent les observateurs, c'est qu'une loi quasiment identique avait déjà été proposée en 2016. Mais à l'époque, elle avait été refusée à 51% seulement. Ce qui montre l'augmentation de la méfiance des locataires et ne présage rien de bon pour les milieux immobiliers lors des prochaines votations sur le sujet. Dont l'initiative fédérale de l'Asloca contre les loyers abusifs, qui a récolté suffisamment de signature et qui pourrait être soumise au vote en 2027 déjà.
La Rédaction Immoday
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