Equitim, une solution pour débloquer le marché immobilier suisse?
Clément Lambert de la Fondation Equitim

Equitim, une solution pour débloquer le marché immobilier suisse?

Interview 6 min Immoday.ch

La Fondation Equitim arrive à proposer des loyers 15% à 20% moins cher que le marché. Reste maintenant à faire preuve de pédagogie pour convaincre les communes propriétaires des terrains. Les investisseurs quant à eux, sont d'ores et déjà convaincus: ils peuvent compter sur un cash flow stable, un impact ESG clairement mesuré, dans des investissements à très long terme.

L'équation immobilière aujourd'hui est simple: d'un côté, une offre de terrain qui stagne, entre autres à cause de la LAT. De l’autre, une demande qui explose avec une population suisse qui a augmenté de 50% en 40 ans, et qui, bien entendu, doit se loger. Conséquence: le prix des terrains s’envole, et avec lui le niveau des loyers. Alors qu'il y a 30 ans, le terrain représentait environ 20% du prix d'un immeuble, aujourd'hui, on dépasse souvent 50% dans les endroits les plus prisés. 

La solution? Penser autrement. Par exemple en sortant le terrain de l'équation immobilière. C'est ce que propose la Fondation Equitim, dont les arguments commencent à convaincre les communes, dernières propriétaires de grandes surfaces constructibles bien placés. Nous avons interrogé Clément Lambert, responsable opérationnel de la Fondation.

Clément Lambert, rappelez-nous ce qu'est la Fondation Equitim.

Equitim est une Fondation de placement créée en 2015, qui réunit des caisses de pension autour d’une idée simple: financer des logements abordables et durables, avec une logique de partenariat long terme avec les communes. Elle investit dans des projets immobiliers résidentiel de logements à loyer abordable menés avec les autorités, principalement via des droits de superficie.

Quelle est la taille de votre parc immobilier aujourd'hui, et quelles sont vos ambitions?

À fin 2025 nous disposons au sein de la Fondation d’une trentaine d’immeubles et plus de 700 logements, répartis entre les immeubles déjà en service, les immeubles en constructions et les projets en développements. La tendance de ces 3 dernières années nous laisse prévoir une croissance qui se situe entre 50 et 100 millions d’investissements annuels.

Vous assurez pouvoir offrir des loyers 15% à 20% moins cher que le marché, sans sacrifier, ni la qualité, ni la durabilité, ni les intérêts des diverses parties. C'est quoi votre secret?

Le prix du terrain est évidemment l’une des causes majeures des loyers élevés. Grâce au DDP (Droit Distinct et Permanent, autrement dit Droit de superficie), nous disposons d’un levier très important pour agir sur cette composante. Ensuite, il y a aussi une manière de travailler, avec un mode constructif « traditionnel » où Equitim collabore avec des entreprises locales, de la région ou du canton. Ceci nous permet de garantir un niveau de qualité qui profite aux locataires et d’assurer la durabilité pérenne de l’immeuble, avec des DDP d'une durée de 90 à 100 ans. 

Concrètement, ça marche? 

Dans les immeubles que nous avons construits, nous avons des loyers en dessous du marché, parfois de manière très significative. Nous avons aussi des projets d’envergure qui montrent qu’on peut produire un volume important de logements tout en gardant cette logique d’accessibilité pour la classe moyenne. 

Dans de tels projets, comment les investisseurs retrouvent-ils leurs billes?

La Fondation sort de la logique spéculative en n’achetant pas les terrains. Ainsi les investisseurs obtiennent une visibilité de très long terme sur un actif, avec un montage souvent plus efficient sur le plan économique et mieux accepté politiquement.

Pour un investisseur institutionnel qui cherche de la stabilité, de l’impact ESG et une durée longue, c’est une solution très cohérente. En outre, il peut compter sur la stabilité du cash-flow, la qualité patrimoniale des actifs avec une forte identité ESG, et par la sécurité du modèle sur le temps long. Preuve que notre approche les intéresse, il y a une liste d'attente d'investisseurs qui aimeraient rentrer dans la Fondation. 

Si la solution que vous proposez est si efficace, tant pour les locataires que pour les communes que pour les investisseurs, pourquoi reste-t-elle aussi confidentielle?

Ce modèle, plus discret mais sans doute aussi plus solide, nécessite probablement davantage de pédagogie. Il repose sur un véritable travail de précision : comprendre les besoins des communes, puis élaborer, avec elles, des solutions sur mesure. Il suppose également d’expliquer qu’il existe une autre voie que l’opposition classique entre rendement et intérêt général. 

Davantage de pédagogie, ça veut aussi dire plus de temps passé pour convaincre.

Oui, cette démarche prend du temps. Mais cela ne la rend ni moins efficace, ni moins pertinente. Au contraire, à mesure que les projets se concrétisent, leur visibilité grandit. Et notre grande force, c’est aussi notre capacité à investir rapidement, avec 100% de fonds propres. Il ne faut pas oublier non plus que, dans notre métier, entre la prospection foncière, les arbitrages politiques, les concours, les permis, les oppositions et parfois les recours, plusieurs années peuvent s’écouler avant qu’un projet soit véritablement visible sur le terrain

Il y a 3 ans, vous indiquiez être en discussion avec plusieurs communes pour multiplier vos projets. Cela s'est-il concrétisé? 

Oui, il y a eu de belles avancées. Ce qui convainc les communes, c’est surtout la possibilité de garder la propriété du terrain tout en faisant aboutir des projets qu’elles auraient parfois de la peine à porter seules. Ce qui parle aussi, c’est notre capacité à offrir une réponse complète: financement, développement, exploitation, durabilité et loyers accessibles. 

Qu'est-ce qui freine encore?

Ce qui freine encore, ce n’est pas tant le modèle lui-même, mais le temps des procédures, la complexité locale et parfois la prudence politique face à des montages qui sortent des schémas habituels. 

Quand vous discutez de votre solution avec les politiciens, ils vous écoutent? 

Ils écoutent davantage qu’il y a quelques années, parce que la pénurie de logements est devenue trop visible pour être ignorée. Ce qui intéresse les responsables politiques, c’est qu’Equitim ne vient pas avec un discours idéologique, mais avec un outil concret: préserver le foncier, fixer un cadre via le modèle de DDP Equitim, produire des logements avec des niveau loyers abaissés ainsi que des infrastructures publiques, et conserver une exigence de qualité. C’est une proposition pragmatique win-win. 

Ils vous écoutent, mais sont-ils pour autant convaincus? 

Certains ne connaissent pas encore ce modèle de partenariat. Mais plus les réalisations sortent de terre, plus le modèle devient palpable. À partir du moment où l’on peut montrer des projets livrés, des loyers effectivement abaissés, une gouvernance sérieuse, une performance financière réelle et des partenariats communaux qui fonctionnent, la discussion change de nature. On ne parle plus d’une promesse, on parle d’un précédent, avec une liste de référence qui parle plus que de longs discours. Alors, oui, nous arrivons à convaincre, également au-delà du Canton de Vaud, avec désormais des projets sur Fribourg, ou Neuchâtel.

La Rédaction • Immoday.ch

Partager cet article sur:

Partager cet article sur:

Disclaimer

L’utilisateur confirme explicitement en sélectionnant la case d'acceptation au bas de la présente mise en garde (Disclaimer) qu’il remplit les critères relatifs au choix effectué ci-dessus et qu’il a lu et compris le présent Disclaimer et en accepte les termes.

L’utilisateur confirme avoir compris que les informations relatives aux titres publiés sur cette section du site internet concernent uniquement des émetteurs suisses qui ne sont pas nécessairement approuvés par la FINMA et qui, dans ce cas, ne doivent pas être proposés ou distribués à des investisseurs non qualifiés en Suisse ou à partir de la Suisse.

Certains placements collectifs publiés dans la présente section du site internet ne sont en effet pas soumis à la surveillance de la FINMA et les investisseurs ne bénéficient dès lors pas de la protection offerte par la LPCC. Le contenu de la présente section du site internet sert uniquement à des fins informatives. Bien que Immoday prenne toutes les mesures appropriées pour garantir l’exactitude des informations au moment de leur publication, aucune assurance ni garantie, explicite ou implicite, concernant l’exactitude, la fiabilité ou l’exhaustivité des informations n’est fournies.

Les informations publiées, en particulier les prix et les cours ne constituent pas une sollicitation, une offre ou une recommandation (i) d’acheter, de vendre, de souscrire ou de racheter des titres, ni (ii) d’effectuer des transactions, de mettre en œuvre ou de participer à une stratégie commerciale particulière ou de conclure des actes juridiques quels qu’ils soient. Le présent site internet et son contenu ainsi que les éléments accessibles à travers lui ne constituent pas non plus, sauf mention expresse sur un document accessible via le site internet, un prospectus d'émission au sens des articles 652a resp. 1156 du Code des obligations suisse ni un prospectus simplifié au sens de l'article 5 LPCC.

Enfin, le présent site internet ne constitue pas une plateforme de distribution, ni un système de négociation. A ce titre, Immoday n’est pas soumis à la surveillance de la FINMA et ne nécessite aucune autorisation de sa part ou de celle d’une autre autorité.

Les informations figurant sur cette section du site internet s'adressent uniquement aux investisseurs avec siège ou domicile en Suisse. Elle ne s’adresse pas aux personnes soumises à une législation leur interdisant l’accès à cette section du fait de leur nationalité, de leur domicile ou de toute autre raison. Si de telles restrictions vous sont applicables, vous n'avez pas le droit d'accéder à ces informations.

En particulier, la présente section du site n’est pas destinée aux personnes résident aux Etats-Unis, dans ses territoires ou aux îles caïmans ou ressortissant des Etats-Unis. En accédant au site internet de Immoday, vous confirmer ne pas être ressortissant ou résidant des Etats-Unis ("US Person").

Si l’utilisateur n'accepte pas ou ne comprend pas le présent Disclaimer, la case de refus ci-dessous doit être sélectionnée et il est interdit de poursuivre et d’accéder au site internet.

Je confirme avoir lu et compris, et j'accepte les termes de la présente mise en garde.

Je refuse

J'ai lu la présente mise en garde et les termes de la présente et je ne suis pas d'accord ou je n’ai pas compris les dites dispositions et / ou je ne veux pas continuer sur le site internet pour d'autres raisons.

S'abonner à notre newsletter


Choisir votre langue