
Depuis 14 ans, le salon Immo est devenu le rendez-vous incontournable de tous les professionnels de l’investissement immobilier suisse, direct et indirect. La dernière édition vient de se terminer, elle a réuni 6'700 visiteurs et un peu plus de 200 exposants, venus de tout le pays, pour réseauter, pour assister à des conférences, trouver de nouvelles idées, rencontrer des clients. Une hausse de plus de 30% par rapport à l'édition 2025. Comment expliquer un tel succès ? Nous avons posé la question à l'organisateur du salon, Roland Vögele. Qui donne d’ores et déjà rendez-vous l’année prochaine, le 13 et 14 janvier 2027, dans la Halle 550 de Zurich Oerlikon.
Immo 26 vient de boucler ses portes, et pour tous les participants ce fut un succès. Il n'y avait d'ailleurs qu'à voir la foule réunie dans la nouvelle halle qui accueillait le salon pour s'en convaincre. À certains moments, elle était si dense qu’il était difficile de se déplacer. Et pourtant, il y a 14 ans, le premier salon Immo s’était tenu dans 80 mètres carrés avec 15 exposants.
Cette 14e édition a réuni 6'700 visiteurs et plus de 200 exposants, venus de toute la Suisse, y compris une importante délégation romande, ce qui n'est pas toujours gagné d'avance pour une manifestation qui se tient à Zurich. Sans oublier quelques dizaines de conférences, souvent sur des thématiques pointues, animées par les meilleurs professionnels du secteur, et, après la fermeture officielle des portes, un nombre conséquent d’apéritifs, bien entendu indispensables pour un bon réseautage.
Et pour la suite? Nous avons posé la question à Roland Vögele, CEO de MV Invest, un cabinet de conseil indépendant spécialisé dans le marché immobilier suisse, et organisateur depuis 14 ans des salons Immo.
Roland Vögele, vous venez de clore Immo 26. Quelle est votre impression générale de cette édition?
Le salon continue de rassembler tous les principaux acteurs de l’immobilier, direct et indirect, de la Suisse romande et de la Suisse alémanique. L’ambiance était excellente. Nous avons l'avantage d'organiser ce salon en début d'année, et comme 2025 a été un exercice assez exceptionnel pour tout l'immobilier, direct et indirect, les participants avaient plutôt le sourire aux lèvres. Ça ne les empêche pas de venir au salon chercher de nouvelles idées pour la suite.
L'envolée des prix de l'immobilier ne les inquiète pas?
Il y a un optimisme réel, mais on sent quand même une certaine tension : en effet, les biens immobiliers sont devenus chers. Les gestionnaires expliquent qu’il devient difficile de trouver des immeubles offrant encore des rendements intéressants. Mais, de manière un peu paradoxale, ils ne cessent de chercher de l’argent frais, ouvrent leurs produits, procèdent à des augmentations de capital. Une fois les fonds levés, ils doivent investir, même à des niveaux de prix élevés. Sans oublier le refinancement, qui est devenu aussi une préoccupation importante. Certes, le coût de la dette reste bas, mais les marges ont augmenté.
Revenons au salon Immo 26. Cette année, vous avez accueilli environ 6'700 visiteurs et plus de 200 exposants. Quels sont vos objectifs à moyen terme?
Notre priorité n’est pas la croissance quantitative à tout prix. Immo est un salon B2B, pour permettre à la branche de se présenter, aux investisseurs de rencontrer les bons interlocuteurs et de découvrir de nouvelles solutions. Passer à 10 000 visiteurs n’aurait aucun sens si la qualité se dilue.
En 14 ans, depuis votre première édition, la croissance est impressionnante.
Quand nous avons commencé, nous avions 15 sociétés sur 80 m²! Les premières années, il y avait peut-être 200 visiteurs réellement concernés par l’immobilier ! Mais nous avons sans cesse remis l'ouvrage sur le métier, avec un engouement chaque année grandissant de la part des visiteurs et des exposants, jusqu'à devenir le salon de référence pour les investisseurs dans l'immobilier suisse.
Un salon qui ne se limite d’ailleurs pas aux deux jours de la manifestation.
Absolument. Immo repose sur trois piliers: la réunion physique de tous les acteurs de l'immobilier pendant les deux jours du salon, la formation via le forum et Stage 8, avec un nombre toujours croissant de participants et des dizaines de conférences, sans oublier le magazine, diffusé en amont à grande échelle, en français et en allemand. Cette approche élargie donne une vraie profondeur au salon.
Y a-t-il encore des catégories insuffisamment représentées parmi les exposants?
On aimerait attirer les fondations immobilières. En outre, quelques sociétés immobilières cotées manquent encore à l’appel. Les architectes, qui sont évidemment des acteurs essentiels de l’immobilier, sont également sous-représentés, même si l’intérêt progresse. Nous allons redoubler d’efforts pour les attirer lors des prochaines éditions.
Et du côté des visiteurs, quels profils souhaiteriez-vous voir davantage?
Les gestionnaires de fortune et les banques privées. On observe déjà une montée en puissance de leur intérêt pour l’immobilier, notamment titrisé, mais le potentiel reste important. Cela dépend aussi beaucoup du travail des exposants, qui doivent activement inviter leurs clients et partenaires.
Cette année marquait aussi l’arrivée du salon dans une nouvelle halle. Quelles évolutions prévoir pour la suite?
Nous restons dans cette halle, où nous allons optimiser l’utilisation de l’espace disponible, sans tout bouleverser. Chaque changement d’emplacement implique une phase d’ajustement. Mais comme c’est notre quatrième déménagement en 14 ans, nous connaissons bien ce genre de défis.
Vous venez de boucler la 14ᵉ édition du salon. Quelle est la recette de ce succès sur le long terme?
Rien n’est jamais acquis. Si vous n’évoluez pas, si vous devenez trop cher, atteint de la folie des grandeurs, vous allez rapidement péricliter. On en a vu plusieurs exemples ces dernières années. Il faut donc toujours se remettre en question, coller au plus près des attentes des exposants et des visiteurs, faire preuve de souplesse et d’inventivité en apportant sans cesse de nouvelles idées. Heureusement nous en avons beaucoup. La qualité de l’organisation est également déterminante. Aujourd’hui, les entreprises manquent de ressources, pas seulement financières mais aussi en temps. Beaucoup hésitent à participer à des salons en pensant qu’il faudra mobiliser trop de personnel ou d’énergie. Ce qui n’est pas le cas pour Immo, où tout est fourni clé en main avec des modules standardisés, identiques pour tout le monde, qui peuvent être mis en place et démontés en quelques heures.
Vous avez réussi à réunir Suisse romande et Suisse alémanique. Quelle est votre secret?
Nous avons créé cette manifestation en tant qu’acteurs de la branche, pas comme professionnels de l'organisation des salons. Le fait que je sois un romand installé à Zurich a probablement aussi aidé. Je connais bien le marché de l'immobilier romand, j'y ai un réseau important. Je sais pertinemment que la Suisse romande est un acteur incontournable de l’investissement immobilier, qui pour se développer à l’échelle nationale, doit aussi être présent à Zurich. Le salon répond à cette réalité économique. Et puis, d'un point de vue plus anecdotique, je remarque que les romands ont de plus en plus de plaisir de venir à Zurich. Ce qui n’a pas toujours été le cas.
Au vu du succès d’Immo, envisagez-vous de lancer d’autres salons?
Non, pas sous cette forme. La Suisse est un petit marché, déjà très dense en événements. Il faut rester concentré et efficace. Mieux vaut continuer à améliorer ce qui fonctionne. Nous donnons donc rendez-vous à tous les professionnels de l'immobilier l'année prochaine, le 13 et 14 janvier 2027, dans la même Halle 550 de Zurich Oerlikon.
La Rédaction • Immoday.ch
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