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Des centaines de milliers de personnes pendulent chaque jour en Suisse, avec tous les désagréments, les pertes de temps et l'augmentation de la pollution que cela entraîne. La faute à une carence d'immobilier résidentiel dans les grandes villes pourvoyeuses d'emplois, assurent les urbanistes. Pas sûr, selon une récente étude commanditée par la ville de Zurich, selon qui le nombre de pendulaires ne diminuerait pas, même si l'offre immobilière augmentait en ville.
La durabilité, considérée d'un point de vue global, n'implique pas seulement les propriétaires d’immeubles. Il faut aussi qu'une ville, où se concentrent les emplois, propose suffisamment de logements pour éviter que certains travailleurs soient obligés de penduler.
Voilà pour la théorie. Pour la pratique, si les grandes villes de Suisse offraient plus de logements, y aurait-il moins de pendulaires ? Ça paraît logique, mais en fait, ce n'est pas certain, si l'on en croit une récente étude publiée par le bureau d'aménagement urbain Metron, à la demande de la ville de Zurich.
Les villes suisses offrent beaucoup trop d'emplois par rapport à leur taille
Le problème de la Suisse, c'est que ses grandes villes offrent beaucoup trop d'emplois par rapport à leur taille. Selon les théoriciens de l'urbanisme, le coefficient idéal serait de 0,5 emploi par habitant. Ce qui permettrait de loger tous les employés en ville. En Suisse, on en est très, très loin, puisque ce ratio s'élève à presque 1,5 pour la ville de Berne, 1,3 pour Zurich et 1,1 pour Bâle. En Suisse romande, la situation est un peu plus détendue, puisque ce ratio baisse à environ 0,9 pour Genève et pour Lausanne, où l'écart d'emplois proposés dans le centre des villes et les communes environnantes est moins marqué que dans les villes de Suisse alémanique.
Conséquence de cette importante offre d'emplois dans les villes: des centaines de milliers de personnes doivent penduler chaque jour.
Plus de 70% des actifs en Suisse pendulent
On les estime à plus de 200'000 à Zurich, quasi autant à Genève, presque 100'000 à Bâle ou à Berne, 50'000 à Lausanne, si l'on prend également en compte les pendulaires venant des pays voisins (il est d'ailleurs intéressant de noter que, dans le cas des villes frontalières, juste au-delà des frontières nationales ce sont les zones résidentielles qui prédominent, avec un nombre d'emplois faible).
Selon l'Office fédéral de la statistique, plus de 70% des actifs en Suisse effectuent chaque jour des trajets domicile-travail vers une autre commune, avec un trajet moyen d'un peu plus de 10 km, pour une durée moyenne d'un peu plus de 20 minutes. Deux données qui restent quasi constantes quelle que soit la proportion d'emploi par rapport à la population.
La plupart des pendulaires ne veulent pas venir habiter en ville
En 1990, cette proportion de pendulaires n'était que de 59% (pour les analystes de Metron, l'augmentation est essentiellement due à une meilleure mise en réseau des villes et des régions périphériques, souvent grâce à la densification des réseaux ferroviaire et routier).
D’un point de vue rationnel, on pourrait s'attendre à ce que ces pendulaires préfèrent habiter près de leur travail. Mais l'étude de Metron montre que ce n'est pas le cas. En effet, elle indique que le rapport entre le nombre d'emplois et les habitants n'a qu'une très faible influence sur le nombre de pendulaires.
Pour Metron, les raisons sont simples : beaucoup de gens préfèrent vivre à l'extérieur des villes, pour des questions de confort, du lieu de travail du conjoint ou simplement pour des raisons d'enracinement familial.
Ce qui, au final, change tout pour les investisseurs et les promoteurs immobiliers. En effet, si la plupart des pendulaires ne veulent pas venir habiter en ville, aucune raison de leur construire des appartements dans les centres.
La Rédaction
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