
Pour Procimmo, qui gère 4,3 milliards de francs d'actifs immobiliers, cette prise de contrôle ne devrait rien changer, ni pour les équipes, ni pour la stratégie, ni pour les ambitions de développement. Vaudoise Assurances a promis de lui laisser son indépendance. Pour l'assureur, cette acquisition va permettre de développer de nouvelles sources de bénéfices, avec désormais des actifs immobiliers sous gestion qui dépassent les 9 milliards de francs.
Coup de tonnerre dans le petit monde de l'immobilier titrisé, avec l'annonce du rachat de Procimmo par le Groupe Vaudoise Assurances (qui en possédait déjà 20% depuis 2021).
Pour en savoir plus, nous avons interrogé Arno Kneubühler, CEO de Procimmo, et Christoph Borgmann, CFO du Groupe Vaudoise Assurances et administrateur de Procimmo depuis 2022.
Arno Kneubühler, pourquoi avoir vendu la société à Vaudoise Assurances ? Procimmo avait des problèmes?
Pas le moins du monde. Nous fêterons nos vingt ans l'année prochaine et tout va bien. L'entreprise poursuit sa croissance, nous avons plusieurs nouveaux projets, et notre endettement est faible.
Alors pourquoi cette vente?
Tout simplement parce que les actionnaires historiques de Procimmo commencent à prendre de l'âge. Ils voulaient trouver une solution pour pérenniser la société qu'ils avaient créée. Et comme nous apprécions la philosophie de Vaudoise Assurances et que, depuis 5 ans qu'ils sont actionnaires de Procimmo, tout s'est bien passé, que nous avons pu conserver notre indépendance et qu'une relation de confiance s'est établie, c'est tout naturellement que nous avons finalisé cet accord avec eux.
Rappelez-nous les principaux chiffres de Procimmo.
Nous avons été fondés en 2007, nous employons aujourd'hui une soixantaine de collaborateurs, avec 4,3 milliards d'actifs immobiliers sous gestion, répartis entre Procimmo Real Estate SICAV, subdivisé en plusieurs compartiments : Industrial; Residential; Commercial PK et Residential PK et Streetbox Real Estate SICAV avec le compartiment Swiss. Rappelons aussi que, depuis peu, nous avons obtenu la licence de Direction de fonds.
Cette fusion va-t-elle changer quelque chose pour Procimmo?
Non, comme expliqué, nous allons garder notre indépendance, mais aussi nos équipes, notre nom, et nous allons poursuivre notre stratégie de développement. Notre expertise est reconnue, nous avons lancé ces derniers mois plusieurs augmentations de capital, et nous sommes toujours à la recherche de nouvelles opportunités sur le marché. Qui pourraient, le cas échéant, aboutir au lancement de nouveaux produits.
Pas de changement de direction de fonds ou de banque dépositaire?
Non, ce n'est pas prévu.
Vous n'allez pas non plus reprendre la direction des fonds de Berninvest SA, l'autre entité d'immobilier titrisé propriété de Vaudoise Assurances?
Ce n'est pas prévu non plus, de la même manière que des fusions de fonds ou des équipes entre les deux entités ne sont pas prévues. Nous allons toutes deux garder notre indépendance. Évidemment, nous allons aussi discuter entre les équipes, pour nous échanger les informations et les bonnes pratiques du marché.
Christoph Borgmann, en quoi est-ce intéressant pour Vaudoise Assurances d'acquérir Procimmo?
Depuis plusieurs années, nous cherchons à diversifier nos sources de revenus, avec comme ambition d'avoir un quart des bénéfices qui proviennent d'activités autres que l'assurance. Mais en restant dans des domaines que nous connaissons, comme l'immobilier. Ce qui nous a amené en 2017 à acquérir Berninvest AG (qui gère deux fonds immobiliers, Immo Helvetic et Good Buildings Swiss Real Estate Fund), puis une participation de 20% dans Procimmo, en 2021, avant son acquisition majoritaire aujourd'hui.
Quels étaient vos objectifs dans l'immobilier?
D'avoir des actifs immobiliers sous gestion de 10 milliards de francs. Après l'acquisition de Procimmo, nous en seront à plus de 9 milliards, ce qui va nous amener à revoir nos objectifs à la hausse.
À quel niveau?
Cela reste à déterminer. Aujourd'hui nous avons 1,6 milliard d'actifs immobiliers en gestion propre, 3,4 milliards via Berninvest SA, et 4,3 milliards via Procimmo.
Comment va se passer concrètement l'acquisition de Procimmo?
Depuis 2021 nous détenons déjà 20 % du groupe. Aujourd'hui nous voulons acquérir une part supplémentaire de 72,27%, propriété du pool des principaux actionnaires. Sous réserve de l’accord préalable des autorités compétentes, le closing de la vente est prévue début juillet 2026.
Et avec les 8% restants?
Comme, après cet achat, nous posséderons plus de 90% du capital, nous allons ensuite pouvoir procéder à une fusion avec dédommagement (squeeze-out). Les actionnaires minoritaires recevront un montant correspondant au prix de vente en échange de leurs actions.
À combien s'élève l'opération?
Comme nous l'avons communiqué, nous allons payer 9,50 francs par action, ce qui valorise Procimmo à 428 millions de francs. Mais comme, pour cette étape, nous n'allons acquérir que 72,27 % des actions, cela va représenter 309 millions de francs pour Vaudoise Assurances, et 342 millions après le squeeze out.
Dernière question, Christoph Borgmann, est-il dans les plans de Vaudoise, Assurances de sortir une partie de ses actifs immobiliers de son bilan pour créer un fonds d'immobilier titrisé, par exemple via Procimmo ? Comme d'autres assureurs l'ont fait avant vous ces dernières années.
Non, ce n'est pas dans nos plans.
La Rédaction • Immoday.ch
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