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Pour les fonds de placements, les exigences de reporting et de gouvernance augmentent constamment. Le sujet est devenu si complexe que, même pour les grosses structures, faire appel à des experts indépendants permet de challenger les processus et de garantir à toutes les parties prenantes que le cadre réglementaire est respecté. Une approche d’autant plus importante avec la multiplication des opérations en capital observée ces deux dernières années.
Il y a maintenant 5 ans, Simona Terranova a osé franchir le pas de l'indépendance. Une décision que cette experte de Risk Management et de Compliance qui travaille avec plusieurs fonds immobiliers ne regrette pas. Elle s'en explique.
Simona Terranova, nous avions déjà fait votre portrait il y a quatre ans. À l'époque vous veniez de devenir indépendante. Rappelez-nous quelles sont les activités de votre entreprise, MT Finance.
MT Finance fournit des services de Compliance et de Risk Management pour des entreprises actives dans la finance comme des gestionnaires de fortune ou des directions de fonds. Nous offrons aussi du conseil ponctuel en conformité aux banques et aux maisons de titres. J'exerce en parallèle plusieurs mandats d'administratrice indépendante.
L'immobilier titrisé représente une grande partie de vos activités?
Environ 30% de mon temps.
Au fait, la charge de travail est plus importante comme indépendante ou comme Partner chez Deloitte, votre poste précédent?
On travaille différemment, avec un esprit différent: moins de politique interne, moins de stress et une liberté de fonctionnement qui permet de mieux se concentrer sur les besoins des client. Je ne regrette absolument pas ce choix.
Et on gagne plus en tant qu'indépendante?
La rémunération est au moins équivalente. Ceci dit, l'argent ne doit pas être le moteur de la décision pour passer à l'indépendance. Mais ce n'est donc pas un obstacle non plus.
Avec le développement des fonds immobiliers de plus en plus d'asset managers ont intégré le Risk Management et la Compliance à l'interne. Ça signifie que vous avez moins de clients?
C’est une fausse impression. Ma clientèle va de structures de 3 personnes à des organisations de 30 collaborateurs. Pour les grandes entités dotées de ressources internes, notre valeur ajoutée ne réside pas dans le day-to-day, mais dans la supervision, l'apport d'une vision transversale du marché et la capacité à challenger leurs processus. Ces entités s'appuient sur leurs compétences interne pour le quotidien et nous intervenons en tant que superviseur externe. Évidemment pour les petites structures, c'est différent, nous faisons tout.
Ces dernières années le métier a beaucoup changé?
Il change tout le temps. Il s'est considérablement sophistiqué. Les exigences de reporting et de gouvernance augmentent constamment; une matrice de risques actuelle n'a plus rien à voir avec le même document d'il y a dix ans. Le rôle exige un esprit critique poussé pour anticiper les perturbations.
D'ailleurs, concrètement, quelle est la tâche du Risk Manager et de la Compliance lors de ces opérations?
La Compliance et le Risk Management agissent comme une rambarde d'escalier: ils sécurisent, protègent l'entité et permettent de rester strictement dans les clous. Ce qui assure à toutes les parties prenantes et en particulier les investisseurs que le cadre réglementaire est respecté.
Ces dernières années on a vu la multiplication des augmentations de capital, des lancements nouveaux fonds, l'arrivée de nouveaux produits comme les L-QIF, des consolidations de fonds, bref le secteur de l'immobilier titrisé a beaucoup bougé. Ça a impacté votre travail?
Ces opérations ne sont pas nouvelles, mais leur multiplication a mécaniquement augmenté notre charge de travail et la fréquence de nos interventions. Dans ce contexte de forte activité sectorielle, l'expérience accumulée ces dernières années par nos équipes est essentielle pour sécuriser la conformité de ces opérations.
Il y a 4 ans, vous nous parliez de la situation des femmes dans l'immobilier, un monde très masculin. Comment a-t-elle évolué?
Les femmes restent minoritaires dans la finance et l’immobilier. C'est une réalité statistique. C'est une question d'opportunités et de choix personnels face à un univers très masculin, même s'il existe quelques contre-exemples de femmes qui occupent des postes de direction. Mais elles sont rares.
Vous êtes membre du Cercle suisse des administratrices. Vous le conseillez aux femmes qui ont des ambitions?
Le réseau est fondamental si l'on veut être indépendante. Et ce réseau peut se développer plus facilement dans des associations comme ce Cercle, qui, par ailleurs, donne une meilleure visibilité à ses membres. Il m'a d'ailleurs permis d'obtenir un mandat d’administratrice important. Mais attention ce n'est pas suffisant de faire partie d'un de ces clubs, il faut aussi une expertise technique et des compétences professionnelles solides. Les deux sont indissociables.
La Rédaction • Immoday.ch
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